Le Temps qui passe… et ce(ux) qui reste(nt)

Aujourd’hui, cela fait 9 ans. 9 ans que « tu n’es plus là où tu étais. Et pourtant, tu es partout là où je suis. »

Il y a des dates qui ne ressemblent à aucune autre. Des dates qui s’imprègnent dans la chair, dans la mémoire du corps avant même que l’esprit s’en souvienne. Aujourd’hui est l’une de ces dates. Celle où j’ai perdu ma grand-mère, ma deuxième maman, celle avec qui j’ai grandi, celle qui m’a inculqué les plus belles valeurs et m’a élevée comme sa propre fille.Ce lien fort que nous avions, rien ni personne ne me l’enlèvera.

Le deuil est un chemin difficile, un processus qui nous transforme à jamais. Il n’y a pas de manière correcte ou incorrecte de le vivre. Chacun avance à son propre rythme, à sa propre façon. Et je crois qu’il est essentiel de respecter cela que ce soit chez les autres, mais aussi chez soi-même.

Pour moi, faire mon deuil, c’est écrire, partager. C’est continuer à leur parler, à leur dédier des fleurs, des chansons, des mots. C’est honorer leur mémoire en vivant pleinement, en portant fièrement ce qu’ils m’ont transmis.

Pour d’autres, c’est le silence, la solitude. Ou au contraire, l’entourage, les souvenirs partagés à voix haute. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon. Il y a ta façon. Et elle mérite d’être respectée.

Au fil des années, j’ai traversé plusieurs deuils. Celui de ma grand-mère, d’autres proches, mais aussi d’autres êtres de lumière partis trop tôt.

Et l’an dernier, j’ai vécu quelque chose d’une douleur particulière, voir partir des élèves. Ces jeunes âmes que j’avais accompagnées, encouragées, aimées à ma façon de prof de danse. Elles nous ont tant appris… Par leur force, leur résilience, leur courage immense dans ce combat qu’elles ont menées sans jamais baisser les bras. 

Chaque deuil est différent et chaque perte laisse une empreinte unique. Mais tous ont en commun de nous rappeler que le temps est précieux, et que les gens que nous aimons sont irremplaçables.

Le temps passe vite, trop vite. Voilà ce que le deuil m’a appris, plus que toute autre expérience de vie. Chaque minute perdue ne se retrouvera jamais. Ce coup de téléphone qu’on remet à demain. Ce repas en famille qu’on annule pour « une autre fois ». Cette main qu’on ne prend pas, ce « je t’aime » qu’on garde pour soi parce qu’on est trop pudique ou que l’on pense qu’il y a le temps.

Il n’y a pas toujours le temps.

Et ce n’est pas un message de peur que je souhaite transmettre mais un message d’amour. Un appel doux mais urgent à chérir les moments. À être pleinement présente auprès de ceux qui nous sont chers. À dire ce que nous ressentons. À serrer fort. À rire ensemble. À prendre soin.

Prends soin de toi. Prends soin d’eux quand ils sont présents. Même si je crois, profondément et sincèrement, en la connexion qui nous unit à ceux que nous avons perdus, qu’ils demeurent éternels, dans nos cœurs, dans nos gestes, dans nos valeurs, dans ce que nous sommes devenus grâce à eux, il ne faut pas attendre. 

Ma grand-mère vit en moi chaque fois que je fais preuve de droiture. Chaque fois que j’aime avec intensité. Chaque fois que je tiens bon dans les tempêtes, parce qu’elle m’a montré comment faire…

« Tu n’es plus là où tu étais, mais tu es partout là où je suis. » Résonne toujours en moi car ces petits signes que la vie nous envoie parfois, à qui veut bien les voir… je choisis d’y croire. Je choisis de les accueillir comme des petits coucous de l’au-delà. Et cette croyance, loin de m’enfermer dans la tristesse, m’aide à avancer avec eux, pas sans eux.

Alors si tu lis ces mots aujourd’hui et que tu portes toi aussi un deuil récent ou ancien, « attendu » ou brutal, sache que tu n’es pas seule.

Le deuil ne se « guérit » pas, il se transforme. La douleur ne disparaît pas, mais avec le temps, elle change de forme. Elle devient souvenir, amour qui reste, héritage vivant.

Permets-toi de ressentir, tout. La tristesse, la colère, la confusion, et parfois même la paix. Entoure-toi si tu en as besoin de proches, de professionnels, de groupes de parole. Et sois infiniment douce avec toi-même.

Le plus grand héritage qu’une personne aimée puisse laisser, c’est le souvenir de son amour. Et cet amour-là, personne ne peut nous l’enlever.

Tu es et seras toujours avec moi. ✨🙏✨

Tu me manques tellement, ma petite mamie. Mais je sais que tu continues de prendre soin de moi de là-haut et ça, c’est tout toi.

Avec tout mon amour et toute ma bienveillance,

Sylvie

4 réflexions sur “Le Temps qui passe… et ce(ux) qui reste(nt)”

  1. Bien sûr qu’ils sont là.. Pas loin, qui veillent. Beau texte ma belle. Et si on arrêtait de remettre au lendemain 😁😉

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